Recherche et patrimoine culturel immatériel

Liant le patrimoine culturel immatériel au développement durable des territoires, l’OPCI-Ethnodoc met en œuvre des travaux de recherche et d’action culturelle en réponse à une demande sociale.

Recherche et coordination scientifique

Reposant sur des méthodes d’enquête participatives, de type ethnographique, ces travaux accompagnent les sociétés locales (représentées par des collectivités, institutions, associations, ou entreprises) qui s’investissent dans la connaissance et la compréhension des éléments constitutifs de leur culture et sentiment d’identité. Ils explorent les expressions du patrimoine culturel immatériel en vue de leur valorisation (expositions, publications, muséographie).

Les recherches engagées par l’OPCI-Ethnodoc avec ses partenaires concernent les pratiques et représentations qui, se transmettant de génération en génération, traduisent la relation patrimoniale que les sociétés entretiennent avec leur territoire, leur milieu, leur environnement. Bien que ces travaux puissent questionner des mémoires collectives, les éléments étudiés ont trait à des patrimoines vivants qui correspondent aux catégories reconnues par l’UNESCO (2003) dans la « convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel », il s’agit :

  • des traditions orales

  • des arts du spectacle

  • des pratiques sociales, rituels et évènements festifs

  • des connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers

  • des connaissances et savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel

Fidèle à l’ancrage et au développement historique d’OPCI-Ethnodoc au cœur du marais Breton-Vendéen, aux confins méridionaux de l’estuaire de Loire, son activité scientifique sur les éléments du patrimoine culturel immatériel s’étend principalement en Vendée et Pays-de-la-Loire. Certaines recherches sont menées sur des terrains extérieurs à ce périmètre géographique dans les cas où des partenaires font appel à des compétences spécifiques ou reconnues de notre équipe, particulièrement dans l’étude du rapport des sociétés aux milieux littoraux, fluviaux et lacustres (s’agissant notamment des pratiques festives populaires, maritimes et portuaires).

L’activité scientifique de l’OPCI-Ethnodoc se traduit dans plusieurs actions :

  • La réalisation de travaux de recherche dans le cadre d’inventaires du patrimoine culturel immatériel. Ils reposent sur des enquêtes de terrain approfondies qui conduisent à la rédaction de rapports de recherche et de fiches d’inventaire. La réalisation de ces rapports et fiches d’inventaires est un préalable et une condition sine qua non à la reconnaissance nationale des manifestations étudiées. Après examen attentif, la Direction des patrimoines du ministère de la culture les inscrit dans « l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France ».

  • L’organisation de – et la participation à – des journées d’étude et des colloques. Ces évènements constituent des temps d’échanges permettant aux chercheurs et aux experts patrimoniaux de croiser leurs regards à propos des enjeux et des méthodes de sa connaissance et sa sauvegarde. Ces évènements sont un moyen pour l’OPCI-Ethnodoc de toujours inscrire ses travaux dans les questionnements actuels de la communauté scientifique et des experts du patrimoine culturel immatériel. Ces manifestations donnent lieu à diverses publications consultables.

  • L’animation d’un réseau de chercheurs professionnels et amateurs. Le patrimoine culturel immatériel est un objet dont la grande variété des formes d’expression rend indispensable la coopération entre des chercheurs d’horizons différents. À cet égard, l’OPCI-Ethnodoc entretient et développe des relations avec des laboratoires universitaires. À travers l’organisation de séminaires en Vendée et Pays-de-la-Loire, il contribue à la nécessaire interdisciplinarité de la connaissance du patrimoine culturel immatériel. Cette mise en réseau inclus les habitants et les décideurs des territoires. Pleinement acteurs de la patrimonialisation, ceux-ci participent à la production du savoir (à travers des collectes de témoignages, d’objets, de photographies, de films, de rédaction de fiches d’inventaire, par diverses actions de médiation…). En respect d’un principe participatif, l’OPCI-Ethnodoc étend ainsi la notion de « chercheur », au-delà des cercles académiques, à l’ensemble des acteurs engagés dans des recherches de patrimoine culturel immatériel.

À compter de novembre 2019, le développement, la coordination et l’animation du réseau des chercheurs affiliés à l’OPCI-Ethnodoc sont assurés depuis la Vendée par Yann Leborgne, docteur en géographie sociale, spécialiste du patrimoine culturel immatériel dans ses liens avec la résilience des identités territoriales.

 


 

Le Patrimoine Culturel Immatériel

L’expression « patrimoine culturel Immatériel », résumée par le sigle « PCI » est apparue en France à la suite de la proclamation par l’Unesco en 2003 de la convention ainsi intitulée (ratifiée par la France en 2006). Elle définit, dans un texte dont la pertinence a été saluée dans de nombreux pays, ce « patrimoine culturel immatériel (« PCI ») comme regroupant « les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. » http://www.unesco.org/culture/ich/fr/convention ).

En associant étroitement une culture populaire à son « écosystème » social, en insistant sur la place prépondérante que chacun des groupes socio-culturels doit avoir dans la transmission de sa propre culture auprès de ses membres. En outre, donner aussi une portée internationale à cette vision globale d’un patrimoine « immatériel », en mettant en exergue la dimension participative du processus de transmission de ce patrimoine collectif. La convention de l’Unesco a suscité une nouvelle dynamique en donnant une forte cohérence à des approches patrimoniales jusqu’alors perçues comme éloignées. En France, depuis une décennie, le « PCI » tend à devenir un domaine à part entière, pris en compte dans le développement culturel et social (et parfois économique) d’une communauté, d’un « pays », d’une région.

Sous l’influence de la vision du « patrimoine culturel immatériel » prônée par cette convention, l’approche des cultures et des savoir-faire transmis oralement a changé en France : les porteurs de tradition – des « anciens », mais aussi parfois des jeunes – sont de plus en plus souvent placés au centre des projets de transmission d’une culture populaire. Par ailleurs, les acteurs institutionnels commencent à prendre en compte la culture « immatérielle » comme un fondement commun et transdisciplinaire de la construction d’une politique culturelle.

Si cette dynamique est forte, elle n’est toutefois pas nouvelle : la notion de « PCI » s’est nourrie des réflexions et des expériences développées en France :

  • par le mouvement des écomusées depuis les années 1960, qui a mis en avant la notion d’écosystème culturel » et l’intérêt de sauvegarder les savoir-faire ;
  • par celui portant le renouveau des musiques traditionnelles, dans les décennies 1960/1980, qui a mis en avant l’importance de la collecte du patrimoine oral ;
  • par celui lié au renouveau des bateaux traditionnels, dans les décennies 1980/1990, qui a montré comment on pouvait s’appuyer sur la diversité des savoir-faire des anciens pour redonner vie à des bateaux et à des techniques de navigations qu’on croyait disparues.

Ces mouvements se sont eux-mêmes nourris de ceux qui les ont précédés, axés sur la sauvegarde des traditions populaires : collectes des folkloristes du XIXe siècle, essor des groupes folkloriques au milieu du XXe siècle, sans oublier l’important travail de quelques grands ethnologues français.

Impliqués de longue date – bien avant la création de l’OPCI – dans la mise en place d’écomusées, ou/et les actions de renouveau des musiques traditionnelles et la redécouverte du patrimoine maritime, les cofondateurs de l’Office, et ses membres actuels, se réjouissent de voir que peu à peu c’est l’existence d’une oralité des patrimoines, envisagée dans toutes ses dimensions, qui est prise en compte. Elle est désormais incluse dans les projets de sauvegarde, de transmission, de valorisation et de développement du « PCI » qui se multiplient aujourd’hui. Comme l’indique le titre du premier volet des actes du colloque de Nantes  » Mémoires Entrelacées  » initié par l’OPCI (paru en octobre 2016) : la Mémoire collective (est un) Patrimoine culturel d’avenir !


Liens utiles :

Inventaire national du PCI en France :

http://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Patrimoine-culturel-immateriel/L-inventaire-national/Inventaire-national

Convention de Faro sur la valeur du patrimoine culturel pour la société (Convention de Faro, 2005) :

https://www.coe.int/fr/web/culture-and-heritage/faro-convention