Les Fêtes des bouviers et laboureurs de la Drôme

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Les fêtes des bouviers et des laboureurs de la Drôme ont lieu chaque année entre janvier et avril, sur 2 à 5 jours dans plusieurs communes situées à l’Est d’un axe Valence-Romans-Loriol.

Le projet d’inventaire du patrimoine culturel immatériel des fêtes a été lancé en 2017. Il associe la FCF Drôme-Ardèche, les comités des fêtes des bouviers et laboureurs (Beaumont-Monteux, Beaumont-les-Valence, Fauconnière, Loriol, Montoison, Saint-Paul-lès-Roman, Upie), la FCF France (Fédération des festivals, carnavals et fêtes de France) et l’Office du patrimoine culturel immatériel qui accompagne la réalisation de la fiche d’inventaire et la mise en oeuvre du programme culturel qui l’englobe.

Comité de pilotage de l’inventaire à Montoison, février 2019 – FCF Drôme-Ardèche

Petite note sur les fêtes
Les fêtes ont succédé aux fêtes de l’agriculture instaurées après la révolution mais peuvent aussi être héritières d’anciennes fêtes patronales (fête communautaire en l’honneur du saint patron), ayant lieu, à l’origine, à la fin des travaux du labour d’hiver (entre janvier et mars) selon un cycle calendaire (cf. Van Gennep).
Bien qu’ayant gardé leur appellation (on parle davantage de « corso » pour certaines d’entre elles) et des éléments de rituel issus de la tradition (élection de roi ou président, bénédiction du pain etc.), les fêtes des Bouviers et des Laboureurs prennent différentes formes selon les communes. Devenues en partie laïques aujourd’hui, elles se transforment, se réinventent, s’adaptent aux besoins et à l’évolution de la société. Des pratiques cycliques qui se déroule tout au long de l’année caractérisent ces fêtes des bouviers et laboureurs de la Drôme d’aujourd’hui, entres autres, les corsos, l’élection de la Commission et le banquet.
Chaque année elles sont programmées sur l’ensemble de la saison de festivités, entre janvier et avril et ont lieu entre 2 et 5 jours. Aujourd’hui encore, une grande partie de la population s’implique toute l’année pour organiser cette fête et la faire vivre.

Inventaire des Fêtes des bouviers et des laboureurs de la Drôme. OPCI-EthnoDoc, 2019.


C’est en 2015, que la Fédération a lancé son programme de patrimonialisation pour sensibiliser et accompagner les membres dans la démarche de valorisation de leur patrimoine culturel immatériel et de leurs archives. S’appuyant sur l’Office du patrimoine culturel immatériel, partenaire du programme, les membres dépositaires de pratiques à caractère patrimonial sont invités à engager un processus de recherche sur leurs pratiques (inventaire, valorisation etc.).

Bien qu’ayant gardé leur appellation et des éléments de rituel issus d’une tradition commune (les « rois », la bénédiction du pain etc.), les fêtes des bouviers et des laboureurs de la Drôme sont caractérisées par des spécificités communales. Aujourd’hui, même si des pratiques rappellent d’où sont issues les fêtes (célébration des produits de la terre), les drômois font la fête pour partager différents moments, animer les communes, perpétuer une tradition en transmettant les pratiques aux jeunes générations tout en les faisant évoluer.


L’inventaire a permis de collecter de nombreuses informations concernant les fêtes par le biais d’enregistrement de témoins et la collecte de nombreuses sources (iconographiques, audiovisuelles et bibliographiques). Un document bilan sera mis à disposition à la fin 2019.

Le corpus des archives produites par l’inventaire est accessible en ligne via ce lien dans la base ethnographique du RADdO (extraits de témoignages, clichés anciens et récents, paroles de chansons, etc.)

La base des archives en ligne : https://raddo-ethnodoc.com/fete/

Extrait du programme des Journées européennes du patrimoine de 2019,
source : ministère de la Culture :

» Le patrimoine des fêtes

Le patrimoine festif est plus rare, en raison du caractère éphémère des événements auxquels il sert. Il se répartit essentiellement entre art forain et patrimoine spécifique à certaines fêtes traditionnelles.

Le patrimoine des fêtes est [en particulier] lui aussi assez rare, les décors ou déguisements de carnaval, par exemple, ayant vocation à être régulièrement remplacés ou transformés. Certains sont caractéristiques de certaines régions : la Tarasque qui court toujours les jours de fête à Tarascon, et dont un exemplaire ancien (XIX siècle) est conservé au Museon Arlaten d’Arles, les géants Reuze Papa et Reuze Maman, conçus au XIX siècle par les frères Bafcop pour le carnaval de Cassel, et accompagnés par le coq- jupon et le cheval-jupon, illustrent cette catégorie, encore très peu représentée au sein du corpus des monuments historiques. Des recherches seraient sans doute à conduire pour identifer d’autres géants, grosses têtes, chars ou bannières, illustrant carnavals ou comices, qui comptèrent tellement dans les divertissements populaires jusqu’au milieu du XX siècle, et continuent d’être exhibés aujourd’hui. Ce patrimoine matériel illustre, dans les différentes régions de France, un patrimoine immatériel, qui est celui de la fête elle-même, dont certaines fgurent sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO (carnaval de Granville, fêtes pyrénéennes du feu du solstice d’été, fest-noz bretons, les géants et dragons processionnels de Belgique ou de France…). Il s’agit donc d’un patrimoine encore très vivant, même si les objets originaux sont souvent, pour des raisons de conservation, présentés dans des musées et remplacés dans les fêtes par des copies ou par de nouveaux avatars. »