Le patrimoine culturel immatériel

L’expression « patrimoine culturel Immatériel », résumée par le sigle « PCI » est apparue en France à la suite de la proclamation par l’Unesco en 2003 de la convention ainsi intitulée (ratifiée par la France en 2006). Elle définit, dans un texte dont la pertinence a été saluée dans de nombreux pays, ce « patrimoine culturel immatériel («  PCI ») comme regroupant « les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. » http://www.unesco.org/culture/ich/fr/convention ).

En associant étroitement une culture populaire à son « écosystème » social, en insistant sur la place prépondérante que chacun des groupes socio-culturels doit avoir dans la transmission de sa propre culture auprès de ses membres. En outre, donner aussi une portée internationale à cette vision globale d’un patrimoine « immatériel », en mettant en exergue la dimension participative du processus de transmission de ce patrimoine collectif. La convention de l’Unesco a suscité une nouvelle dynamique en donnant une forte cohérence à des approches patrimoniales jusqu’alors perçues comme éloignées. En France, depuis une décennie, le « PCI » tend à devenir un domaine à part entière, pris en compte dans le développement culturel et social (et parfois économique) d’une communauté, d’un « pays », d’une région.

Sous l’influence de la vision du « patrimoine culturel immatériel » prônée par cette convention, l’approche des cultures et des savoir-faire transmis oralement a changé en France : les porteurs de tradition – des « anciens », mais aussi parfois des jeunes – sont de plus en plus souvent placés au centre des projets de transmission d’une culture populaire. Par ailleurs, les acteurs institutionnels commencent à prendre en compte la culture « immatérielle » comme un fondement commun et transdisciplinaire de la construction d’une politique culturelle.

Si cette dynamique est forte, elle n’est toutefois pas nouvelle : la notion de « PCI » s’est nourrie des réflexions et des expériences développées en France :

  • par le mouvement des écomusées depuis les années 1960, qui a mis en avant la notion d’écosystème culturel » et l’intérêt de sauvegarder les savoir-faire ;
  • par celui portant le renouveau des musiques traditionnelles, dans les décennies 1960/1980, qui a mis en avant l’importance de la collecte du patrimoine oral ;
  • par celui lié au renouveau des bateaux traditionnels, dans les décennies 1980/1990, qui a montré comment on pouvait s’appuyer sur la diversité des savoir-faire des anciens pour redonner vie à des bateaux et à des techniques de navigations qu’on croyait disparues.

Ces mouvements se sont eux-mêmes nourris de ceux qui les ont précédés, axés sur la sauvegarde des traditions populaires : collectes des folkloristes du XIXe siècle, essor des groupes folkloriques au milieu du XXe siècle, sans oublier l’important travail de quelques grands ethnologues français.

Impliqués de longue date – bien avant la création de l’OPCI – dans la mise en place d’écomusées, ou/et les actions de renouveau des musiques traditionnelles  et la redécouverte du patrimoine maritime, les cofondateurs de l’Office, et ses membres actuels, se réjouissent de voir que peu à peu c’est l’existence d’une oralité des patrimoines, envisagée dans toutes ses dimensions, qui est prise en compte.  Elle est désormais incluse dans les projets de sauvegarde, de transmission, de valorisation et de développement du « PCI » qui se multiplient aujourd’hui. Comme l’indique le titre du premier volet des actes du colloque de Nantes  » Mémoires Entrelacées  » initié par l’OPCI (paru en octobre 2016) : la Mémoire collective (est un) Patrimoine culturel d’avenir !

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